3 FÉVRIER 2026 – MONTRÉAL
Par Julie Lampron-Lemire, Service des communications (CSN)
Ce mardi 3 février 2026 s’est ouvert le 70e Congrès de la CSN-Construction à Montréal. Des membres représentant l’industrie partout au Québec sont réunis pour définir les orientations de l’organisation pour les quatre prochaines années.
Caroline Senneville, présidente de la CSN, et Bertrand Guibord, président du Conseil central du Montréal métropolitain, sont venus s’adresser aux délégué-es. Ils ont tiré à boulets rouges sur la dérive autoritaire qui secoue notre monde et qui ose remettre en question notre démocratie syndicale au Québec.
La présidente-directrice générale de la Commission de la construction du Québec (CCQ), Audrey Murray, a fait le point sur l’industrie de la construction ainsi que ses perspectives d’avenir. « D’ici 2035, en termes d’heures travaillées, c’est dix Baie-James qu’on va construire », souligne-t-elle. Et c’est sans parler des projets d’Hydro-Québec. Selon les statistiques de la CCQ, il y a plus de travailleurs qui partent que de travailleurs qui rentrent sur le marché du travail. Il y a donc un enjeu majeur d’attraction et de rétention de main-d’œuvre qui attend l’industrie de la construction. « On doit donc, entre autres, travailler sur la mixité et la diversité pour attirer des travailleuses et des travailleurs sur nos chantiers. »
Retour sur un mandat haut en couleur
Le comité exécutif et le comité de direction sont revenus sur les trois dernières années. Ce mandat s’inscrivait dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, de multiplication de projets d’envergures et de volonté gouvernementale d’accroître la productivité et la mobilité dans l’industrie.
La CSN-Construction a réussi à faire reconnaître le métier de cheminot à la Commission de la construction du Québec. Cette reconnaissance est une victoire majeure.
La santé-sécurité au travail demeure l’un des grands enjeux aux yeux de tous. L’industrie de la construction est connue pour être la plus meurtrière. En 2024, 15 travailleurs sont morts sur un chantier. La CSN-Construction a fait le choix d’occuper pleinement l’espace public en matière de SST pour dénoncer les situations dangereuses et de rappeler que la prévention ne peut être négociable.
En cours de mandat, le gouvernement caquiste a modernisé la Loi R-20. La réforme est venue introduire plus de polyvalence des métiers, élargir la mobilité de main-d’œuvre sur le territoire québécois, modifier l’accès aux certificats de compétence et favoriser l’accès de l’industrie aux femmes. La CSN-Construction a participé aux consultations et aux instances concernées afin de protéger les conditions de travail. Malheureusement, la majorité de ses revendications n’ont pas été retenues, notamment en ce qui concernait son opposition à la polyvalence des métiers, qui met en péril les tâches de plusieurs métiers et occupations, et la santé-sécurité des travailleuses et travailleurs.

