CSN - Construction

Le droit au travail partout, pour tous!

Notre histoire

Des luttes marquantes

Déjà dans les années 30, notre fédération revendiquait l’amélioration des salaires et la réduction de la semaine de travail à 40 heures réparties sur cinq jours.

1950 - Le salaire des travailleurs de la construction était à peine supérieur à 1$ l’heure.

1959 - La CSN-Construction a réussi à le faire augmenter à 2$ l’heure.

1960 - La CTCC se démarque de l’influence du clergé et devient la Confédération des syndicats nationaux (CSN). La Fédération catholique des métiers du bâtiment devait devenir par la suite, en 1965, la Fédération nationale des syndicats du bâtiment et du bois (FNSBB-CSN).

1963 - La CSN-Construction constatait dans un rapport que la semaine de travail, qui était autrefois de 54 heures par semaine, est réduite substantiellement, passant à 44 heures en moyenne dans certaines régions et même à 40 heures dans la grande région de Montréal.

1966 - Les membres de la CSN-Construction de Montréal ont fait la grève pour la sécurité syndicale (déduction à la source de la cotisation syndicale) et pour que l’exécution des travaux routiers soit régie par la convention collective de l’industrie de la construction.

1967 - La loi 290 ou la Loi des relations de travail dans la construction a dérégionalisé la négociation. Cette loi a été conçue pour affaiblir la CSN-Construction, où les travailleurs, réunis en assemblée générale sur une base régionale, adoptent, amendent ou rejettent les projets de convention collective. Cette loi menaçait directement les conventions collectives particulières négociées par la CSN-Construction. Ces conventions reconnaissaient l’ancienneté afin de protéger l’emploi auprès d’un entrepreneur ou d’un chantier. C’est la sécurité d’emploi en région qui était notamment éliminée à cause de cette loi. L’accréditation syndicale des syndicats CSN-Construction, bien implantée en région, était également menacée. En fait, de collusion avec les unions américaines, le gouvernement voulait éliminer la CSN-Construction. Réagissant aux pressions de la CSN-Construction, le gouvernement québécois lui accordait finalement un droit de veto sur le résultat des négociations. Mais le gouvernement devait lui retirer ce droit en 1973.

1968 - En 1969 et 1970, les membres de la CSN-Construction ont donc été dans l’obligation de déclencher des grèves pour la sécurité d’emploi et la parité des salaires à l’échelle du Québec. Pour la CSN-Construction, il était anormal qu’un travailleur de l’Abitibi-Témiscamingue-Ungava, du Bas Saint-Laurent, de la Côte-Nord, de la Gaspésie, de Québec, du Saguenay-Lac/Saint-Jean, de la Beauce, des Appalaches, du Cœur du Québec, de l’Estrie, de la Montérégie du gagne moins cher que son camarade de Montréal qui exerce le même métier, la même occupation ou la même spécialité.

1970 - La CSN-Construction a fait de l’ancienneté sa revendication majeure pour les travailleurs de la construction. Pour la CSN-Construction, l’ancienneté par employeur et par région est un outil pour permettre un placement équitable, qui n’est pas arbitraire, qui fait en sorte que les travailleurs ne sont pas mis à pied de façon arbitraire, qu’ils sont rappelés par ordre d’ancienneté. Avec l’ancienneté, les travailleurs peuvent exercer plus librement leur métier, occupation ou spécialité sans la crainte d’être congédiés parce qu’ils font respecter leurs droits, dont les normes de santé et de sécurité sur les chantiers. Des grèves importantes ont eu lieu, entre autres celle des milliers de travailleurs-travailleuses de la construction du Saguenay qui a nécessité l’intervention de l’armée.

1974 - La CSN-Construction a joué un rôle important durant l’enquête de la Commission Cliche, du nom du juge Robert Cliche. Témoignant devant cette commission mandatée pour enquêter sur les pratiques syndicales dans la construction, la CSN-Construction et son président d’alors, Michel Bourdon, ont fait preuve de courage et présenté un mémoire accusant les unions internationales de pratiques qui relevaient plus du banditisme que du syndicalisme. Dans la foulée des luttes qu’elles a menées en 1970, la CSN-Construction a obtenu du gouvernement, en 1977-1978, un règlement de placement qui accorde la priorité régionale d’embauche et introduit les cartes de classification. Le règlement obtenu grâce à nos pressions rétablissait la sécurité d’emploi régionale, que nous avions perdu à la suite de l’adoption de la Loi 290, en 1968. Le règlement de placement, c’est une première forme de sécurité d’emploi pour les ouvriers de la construction. Rappelons qu’avant la Commission Cliche et l’adoption du règlement de placement, des travailleurs devaient parfois payer des « agents d’affaires » pour pouvoir avoir un emploi sur un chantier. Depuis les batailles menées par la CSN-Construction, les entrepreneurs en construction sont obligés d’embaucher des travailleurs de toutes allégeances syndicales.

1981 - 950 travailleurs de la construction et leurs conjointes participent, à Montréal, à un colloque de la CSN-Construction pour mieux définir notre revendication portant sur l’ancienneté.

1983 - C’est encore la CSN-Construction qui a été la première à dénoncer et à publier une analyse sur le travail au noir dans l’industrie. Facteur de concurrence déloyale, le travail au noir oblige à rabaisser les salaires qui devraient être en vigueur. Grâce aux efforts de la CSN-Construction, la Commission de la construction du Québec (CCQ) est aujourd’hui plus vigilante face à ce phénomène. La commission fait des campagnes de promotion contre ce type de travail et procède à des inspections plus rigoureuses pour débusquer le travail au noir.

1986-88-89-90 - La CSN-Contruction a initié et participé à différentes coalitions avec la FTQ-Construction et l’Inter contre l’abolition des cartes de classification, pour la négociation, pour la sécurité du revenu, etc. C’est durant cette période, en 1988, que la CSN-Construction devait gagner une cause importante concernant la prise des vacances et les prestations de chômage. Avec l’appui du Service juridique de la CSN, la CSN-Construction a remporté une cause devant la Cour suprême du Canada à l’effet que les payes de vacances des travailleurs de la construction ne sont pas considérées comme des revenus au sens de la loi de l’assurance-emploi.

1993 - En 1993, la CSN-Construction a manifesté son opposition au projet de l’Association des entrepreneurs en construction du Québec (AECQ), qui voulait abaisser les salaires de 20 pour cent.

1993-94 - La CSN-Construction a aussi combattu le projet de loi 142, qui visait à sortir le secteur résidentiel de la construction. Grâce aux pressions que nous avons exercées, les conditions de travail du secteur résidentiel sont toujours régies selon la Loi des relations de travail dans l’industrie de la construction.
Ces dernières années

1988 - Il y a eu la formation du Conseil conjoint de la construction, qui regroupe la FTQ-Construction et le Conseil provincial des métiers de la construction du Québec (Inter). Le Conseil conjoint représente les ¾ de quelque 100 000 travailleurs de notre industrie. Le Conseil conjoint veut éliminer la CSN-Construction, qui pratique un syndicalisme démocratique et combatif, ainsi que la CSD-Construction et le Syndicat québécois de la construction (Côte-Nord). Le Conseil conjoint est à la recherche du monopole syndical. Un tel monopole, s’il devait voir le jour, serait inquiétant pour tous les travailleurs de l’industrie de la construction, en termes de placement, de négociation et de représentation. Le monopole syndical dans la construction fait craindre le retour des pratiques douteuses. En termes de négociation, il est permis de croire qu’un monopole syndical serait nuisible à la majorité des travailleurs de la construction. Avec un monopole contrôlé par les électriciens, les plombiers et les « gros » métiers mécaniques, les intérêts des métiers généraux seraient négligés : en particulier dans le cas des augmentations de salaire au pourcentage unique, ce qui ne ferait qu’élargir le fossé entre les « hauts » salariés des métiers mécaniques et les autres des métiers généraux.

1999 - En coalition avec la CSD, le Conseil conjoint a mené la dernière ronde de négociations dans l’industrie. Les relations de travail dans l’industrie de la construction sont régies par quatre conventions collectives. Celles-ci prévoient notamment des conditions de travail et monétaires différentes selon si l’on œuvre dans le résidentiel, ou le commercial et institutionnel, ou l’industriel, ou les travaux de génie civil. L’existence de quatre conventions dans notre industrie signifie un recul auquel la CSN-Construction s’est opposée et s’oppose toujours.

L’Association pour le Droit Au Travail (ADAT) veut à toutes fins pratiques l’abolition des cartes de compétence, la disparition du règlement de placement, l’éclatement des bassins de main-d’œuvre et la légalisation du travail au noir. C’est notre droit à l’emploi qui est menacé, ainsi que nos conditions de salaire et de travail, qui ne pourraient que diminuer si nous sommes confrontés à une concurrence déloyale.

L’ADAT sévit particulièrement en Abitibi et en Outaouais, qui ont des frontières communes avec l’Ontario. Mais qui sait si elle ne pourrait pas se développer dans d’autres régions frontalières, les Maritimes par exemple?

1999 - La CSN–Construction entreprend des démarches pour la reconnaissance des arpenteurs.

2004 - Mobilisation des arpenteurs de la CSN–Construction pour leur reconnaissance. L’Association des constructeurs de routes et de grands travaux du Québec (ACRGTQ) admet qu’il faut améliorer la situation des arpenteurs. En négociation, la FTQ–Construction écarte leurs demandes. La CSN–Construction n’abandonne pas les arpenteurs. En prévision de la prochaine ronde de négociations et dans le but de relever le salaire des arpenteurs en considération de leurs compétences, de leurs responsabilités et de leur rôle clé, la CSN–Construction commande une étude de relativité salariale.

2004-2005 - La CSN–Construction participe à la Commission d’enquête publique sur les dépassements des coûts et des délais de modernisation et de rénovation de l’usine Papiers Gaspésia, à Chandler. La commission a mis en lumière les pratiques « délinquantes » de la FTQ–Construction pour obtenir le contrôle et le monopole du placement syndical sur ce chantier.

2005 - La CSN–Construction participe, en novembre, à la Commission parlementaire sur le projet de loi 135, commission présidée par le ministre du Travail du Québec. Cette commission a vu le jour à la suite de la Commission d’enquête sur la Gaspésia. La commission parlementaire porte, entre autres, sur l’intimidation et la discrimination exercées contre les travailleurs de l’industrie en raison de leur appartenance syndicale. En décembre, l’Assemblée nationale adopte le projet de loi 135 qui interdit et condamne l’intimidation et la discrimination dans la construction. La CSN–Construction salue l’adoption de cette loi qui vient renforcer la démocratie syndicale et le pluralisme syndical dans l’industrie de la construction. Rappelons que la CSN–Construction avait entrepris, plusieurs années auparavant, différentes démarches juridiques et politiques pour que cessent l’intimidation et la discrimination dans la construction. La CSN–Construction est fière d’avoir contribué à l’adoption de la loi 135.

2006 - Le premier mars, la loi 135 entre en vigueur. Les contrevenants, agents d’affaires syndicaux ou employeurs, s’exposent à des amendes sévères et peuvent être déclarés inhabiles à remplir leurs fonctions dans l’industrie durant une période de cinq ans.

2006 - La CSN–Construction participera à la prochaine ronde de négociations entourant le renouvellement des conventions collectives de l’industrie de la construction. La CSN–Construction, la CSD–Construction et le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction – International ont annoncé la formation d’une nouvelle alliance en vue des négociations. Les trois organisations syndicales représentent près de 55 % des syndiqué-es de la construction. En vertu de la loi R-20, elles sont autorisées à négocier puisqu’elles regroupent plus de 50 % des travailleuses et des travailleurs du secteur construction.