La COVID-19, la loi et les signaleurs routiers : l’urgence de la prévention

La CSN-Construction souhaite honorer la mémoire de toutes les travailleuses et tous les travailleurs qui ont perdu la vie et qui ont subi des lésions professionnelles. La CSN-Construction estime qu’un plan de prévention obligatoire doit être mis en place avant l’ouverture de chaque chantier, afin que les directives sanitaires liées à la COVID-19 soient appliquées et ainsi prévenir les accidents et les maladies.

Bien que la pandémie soit tragique, elle a enfin tourné les projecteurs vers l’importance de la santé et la sécurité au travail, un aspect trop longtemps ignoré. Eau courante, papier de toilette, nettoyage des salles à manger deviendront peut-être choses courantes. N’empêche, au-delà de la contamination, cette pandémie accroît aussi les risques d’accident sur les chantiers.

« Pendant que les travailleurs sont concentrés sur la distanciation sociale ou le nettoyage d’outils, une partie de leur attention peut diminuer vis-à-vis le signalement et le déplacement des véhicules de transport, par exemple. Il y a un risque réel de voir le nombre de collisions, de trébuchements et de chutes augmenter », prévient Pierre Brassard, président de la CSN-Construction.

Loi sur la santé et la sécurité du travail

Même si l’Assemblée nationale souligne cette journée depuis 2010, la Loi sur la santé et la sécurité du travail, elle, n’a pas été modernisée depuis 40 ans. Cette loi ignore une douzaine d’articles non en vigueur qui permettraient notamment de surveiller l’application du programme de prévention, de recevoir les suggestions et les plaintes et de soumettre des recommandations appropriées

« Le ministre du Travail promet une réforme imminente et nos attentes sont élevées parce que nous avons été négligés trop longtemps. Si cette réforme s’avère insuffisante, nous n’hésiterons pas à forcer l’intégration de dispositions plus sévères dans les conventions collectives, lors de la négociation qui se déroulera l’an prochain », décrie le vice-président, Génie civile et Voirie, à la CSN-Construction, Jean-Luc Deveaux, qui est aussi avocat et négociateur.

La CSN-Construction estime que chaque décès est une tragédie qui aurait pu être évitée, ce qui est inacceptable. Les travailleuses et les travailleurs effectuent leur boulot pour gagner leur vie et non pour la perdre. Chaque année, nombreux de ces décès sont rattachés à l’industrie de la construction et des travaux publics, notamment les manœuvres de recul que la CSN-Construction défend depuis de nombreuses années (voir la Déclaration de principes sur les manœuvres de recul). Presque la totalité des décès au Québec touchent des hommes et ces accidents mortels ne résultent pas de l’inadvertance ou de l’inexpérience du travailleur : la grande majorité d’entre eux étaient âgés de 35 ans et plus.

Signaleuses et signaleurs routiers

Les signaleuses et signaleurs routiers doivent aussi être intégrés à des plans de prévention musclés afin qu’ils puissent travailler sur les chantiers en toute sécurité. Malheureusement, ces travailleurs sont trop souvent victimes de l’inconscience et de la négligence d’automobilistes. Au cours des sept dernières années, neuf signaleurs sont décédés durant leur fonction, dont trois l’année dernière seulement.

Le gouvernement doit aussi veiller à ce que la sécurité soit assurée dans tous les secteurs d’activité assujettis et non assujettis à la loi R-20, qui encadre l’industrie de la construction au Québec.

« La situation est intolérable. Les travailleuses et travailleurs de la construction et hors construction sont les plus exposés aux décès sur les lieux de travail. Dès le début de travaux sur un chantier, des représentants à la prévention devraient être déployés sur le terrain pour prévenir les risques à la source », soutient le vice-président, Secteur résidentiel, à la CSN-Construction, Bertrand Gauthier, qui est aussi représentant à l’ASP et membre du comité tactique CNESST – Chantiers de construction – COVID-19.

La CSN-Construction a déjà offert tout son appui à l’Association des travailleurs en signalisation routière du Québec (ATSRQ) dans ce dossier.