La CSN-Construction réplique au local 2182 et l’invite à un débat public

Le 8 avril 2019, un article du journal La Presse traitant de la pose des rails pour le REM, expliquait « qu’un syndicat de mécaniciens industriels soutenait que ses membres avaient la compétence exclusive pour effectuer les travaux du REM. Un point de vue qui n’est pas partagé par d’autres syndicats ».

Le 11 avril 2019, le local 2182 émettait un communiqué via Facebook dans lequel on attaquait la CSN-Construction et son vice-président du Génie civil et voirie, Me Jean-Luc Deveaux.

Nous vous présentons la réponse que le vice-président de la CSN-Construction a fait parvenir le 17 avril dernier au local 2182, à l’attention d’Éric Leroux, gérant d’affaires et secrétaire financier du local 2182 :

« Cher confrère,

L’assujettissement des chemins de fer a été reconnu officiellement en septembre 2017, après une dure bataille syndicale et un long débat judiciaire débutant en novembre 2010. Nous sommes donc surpris de constater le récent intérêt du local 2182 pour la construction ferroviaire.

À notre connaissance, depuis novembre 2010, dans le mouvement syndical de la construction, il n’y a eu que deux groupes qui se sont réellement intéressés à l’assujettissement des travaux de la construction des voies ferrées, à savoir : les manœuvres spécialisés et les opérateurs de machinerie lourde.

Comme nous le savons tous, c’est le groupe de l’occupation de manœuvres spécialisés qui a été le plus actif pour la défense des travailleurs dans le domaine des travaux ferroviaires.

La CSN-Construction à titre d’association représentative a défendu, défend et défendra, quelle que soit l’allégeance syndicale, les salariés de la construction à l’emploi des entreprises de construction de chemin de fer.

Ainsi, devons-nous comprendre qu’à titre de dirigeant du local 2182, vous recommandez aux manœuvres spécialisés des locaux 62 et 527A et aux opérateurs de machinerie lourde du local 905 d’adhérer à la CSN-Construction afin de défendre les intérêts des travailleurs?

Les buts et objectifs de la CSN-Construction ne sont pas de faire du REM un sujet partisan de maraudage, mais d’exercer un devoir de représentation pour que les conditions de travail soient respectées.

Le syndicalisme des travailleurs s’apprend à tous les jours dans les chantiers de construction et non dans les dictionnaires.

Ils méritent que la convention collective soit appliquée. C’est d’ailleurs le but unique de la CSN-Construction.

Depuis janvier 2018, il y a eu cinq décisions du Comité de conflits de compétences et plusieurs conférences d’assignation. Chaque fois, la CSN-Construction était présente; et elle a toujours soutenu les intérêts des travailleurs, peu importe le métier ou l’occupation.

Que ce soit lors des quatre conflits dans le secteur du Génie civil et voirie ou dans celui du secteur Institutionnel et commercial, la CSN-Construction a défendu les métiers de grutiers, d’électriciens et de peintres ainsi que les titres occupationnels.

Dans les conférences d’assignation, depuis 2018, la CSN-Construction a défendu les métiers de charpentiers-menuisiers, de ferrailleurs, de cimentiers-applicateurs, de mécaniciens-vitriers, de tuyauteurs, d’opérateurs de machinerie lourde, de mécaniciens de machinerie lourde ainsi que les titres occupationnels.

À titre d’exemple, au chantier du pont Champlain, nous avons sans hésitation soutenu les grutiers, de même que notre ami Evans Dupuis, à propos d’un appareil de levage unique. À la stupéfaction de tous, nous allions découvrir que l’entreprise SSL s’était commise à l’exclusivité d’embauche du local 711. Pourtant, ce n’était clairement pas un travail appartenant aux monteurs-assembleurs et certainement pas au local 711. Devant tous, nous avons alors défendu le délégué de chantier du local 791G qui s’était fait insulter par un représentant de SSL.

Lors des conférences d’assignation, nous avons aussi concilié les intérêts des différents métiers tout en protégeant leur juridiction. Ainsi, à titre d’exemple, dans Némaska LITHIUM, nous avons participé au règlement du litige qui opposait charpentiers-menuisiers et mécaniciens-vitriers.

De plus, cher confrère, vous vous rappelez sans doute, puisque vous étiez présent, que lors de la conférence d’assignation du REM, c’est la CSN-Construction qui a défendu le travail des cimentiers-applicateurs, ainsi que celui des charpentiers-menuisiers et des mécaniciens de machinerie lourde, alors qu’aucun autre syndicat présent n’a pris la parole pour défendre ces métiers.

Aussi, je ne comprends pas pourquoi vous n’avez pas revendiqué à ce moment-là le travail de coffrage pour les charpentiers-menuisiers; le local 2182 est pourtant membre de la FUCMA tout comme le sont les locaux 134, 160 et 761.

Depuis les négociations de 2017, la CSN-Construction travaille pour l’ensemble des travailleurs du réseau ferroviaire. Il s’agit de l’intégration de tout un secteur d’activité, composé de pères de famille et de leurs proches, comprenant la reconnaissance de leur formation professionnelle et leur compétence historique. Pourtant, alors que nous travaillons depuis 2010 sur le dossier des chemins de fer, ce n’est que depuis la conférence d’assignation du 15 novembre 2018 que certaines sections locales et que la CSD-Construction se braquent contre les intérêts des travailleurs et des compagnies de chemins de fer.

Nous vous rappelons que votre organisation a signé l’Annexe Z-6 de la convention du Génie civil et voirie qui prévoyait le processus d’intégration des travailleurs de chemin de fer. Vos membres, ainsi que ceux des autres associations, ont ratifié, en assemblée, l’Annexe Z-6.

Pourtant, bien que l’Annexe Z-6 soit signée de la main de tous les intervenants dûment mandatés par leur association représentative, seule la CSN-Construction l’applique et protège ainsi les travailleurs qui œuvrent dans cette industrie depuis plus d’un siècle.

Contrairement aux autres associations représentatives qui aimeraient, semble-t-il, oublier cette Annexe, la CSN-Construction a déposé l’Annexe Z-6 au bureau du ministre du Travail, et ce, conformément à l’article 48 de la Loi R.20.

Faut-il rappeler que l’un des signataires de l’Annexe Z-6 pour la CSD-Construction a publiquement déclaré : « Je m’en câlisse des travailleurs des chemins de fer, y perdrons leur job pis cé toute! »?

Voici l’un des quelques exemples qui ont convaincu la CSN-Construction de revendiquer et de s’assurer que tous les travailleurs puissent bénéficier de leur négociation et avoir, en même temps, accès à leur comité de négociation. Ce que veut un travailleur c’est parler à celui qui l’a représenté à la table de négociation, et non pas recevoir le rapport de quelqu’un qui en aurait entendu parler.

La RATIFICATION UNIFIÉE, cher confrère, commande que tous, dans une même salle, région par région, puissent poser des questions, et ce, à l’ensemble des intervenants composant leur comité de négociation. Par la suite, on déploiera une boite de scrutin par association représentative. De cette façon, on évitera qu’un local dise tout et son contraire sur un sujet donné. Comme vous le savez, la négociation n’appartient ni à un local ni à une centrale; la négociation appartient aux travailleurs de la construction.

En terminant, compte tenu des craintes exprimées dans votre communiqué, je vous convie, cher confrère, à un débat public via Internet, entre vous et moi, sur le syndicalisme ouvrier dans le secteur de la construction ainsi que sur le dossier du REM. Pour permettre à l’ensemble des travailleurs de la construction d’assister à ce débat, nous vous proposons qu’il soit diffusé en direct sur le Web et disponible par la suite sur le site de nos associations respectives.

Nous vous suggérons de tenir ce débat dans la semaine suivant la conférence de gestion dans le dossier du REM.

 

Dans l’attente de votre acceptation à notre débat public, recevez, cher confrère Ledoux, mes salutations solidaires et fraternelles.

 

Jean-Luc Deveaux

Vice-président du Génie civil et voirie de la CSN-Construction

Vice-président du STTNA