17 février 2009
La CSN intervient pour qu’on privilégie l’emploi régional et qu’il n’y ait pas de discrimination !
(Sept-Îles, le 16 février 2009) – Le Conseil central de la Côte-Nord (CSN) et la CSN–Construction ont entrepris des démarches pour s’assurer qu’on privilégie l’embauche des travailleuses et des travailleurs de la construction de la région au projet du complexe hydroélectrique de la Romaine. Les deux organisations syndicales comptent bien veiller également à ce que la loi 135 interdisant et condamnant formellement l’intimidation et la discrimination dans l’industrie de la construction, notamment en raison de l’adhésion syndicale, soit respectée à la lettre.
C’est ce que la présidente du conseil central CSN, Lise Robichaud, le président de la CSN–Construction, Alain Mailhot, et le conseiller syndical Gilles Dionne ont expliqué aujourd’hui en conférence de presse à Sept-Îles. Au cours des derniers jours, les responsables syndicaux ont rencontré à ce sujet les députés des circonscriptions de René–Lévesque et de Duplessis, Marjolain Dufour et Lorraine Richard. Ils ont aussi interpellé Hydro-Québec sur la même question, ont-ils dit.
« Nous intervenons en amont, bien avant le début des travaux, pour éviter une répétition de ce qui s’est passé au chantier de Papier Gaspésia à Chandler où des travailleurs de la région, sans emploi, n’ont pu y œuvrer en raison de pratiques antisyndicales et antidémocratiques de représentants de la FTQ–Construction. Ces derniers sont intervenus auprès des employeurs pour qu’ils embauchent uniquement leurs membres, qu’ils n’embauchent pas les nôtres ni ceux d’une autre organisation syndicale », a rappelé Alain Mailhot.
Le président de la CSN–Construction a précisé : « ça contrevenait au pluralisme syndical bien ancré dans notre industrie et privait des travailleurs de la région de leur gagne-pain. Comme nous l’avions fait ailleurs, nous avons alors déposé des plaintes d’intimidation et de discrimination afin que nos membres qui n’ont pu travailler sur le chantier de la Gaspésia soient remboursés. Nous avons gagné ces plaintes. »
On connaît la suite des événements : les dépassements des délais et des coûts de l’ordre de 265 millions de dollars ont entraîné l’arrêt des travaux de modernisation et de rénovation de Papier Gaspésia. S’ensuivirent également, en 2004 et 2005, une commission d’enquête présidée par le juge à la retraite Robert Lesage et une commission parlementaire portant sur le projet de loi 135. Les mesures législatives prévues à cette loi sont entrées en vigueur au Québec le 1er mars 2006.
Discrimination : tolérance zéro !
L’intimidation et la discrimination, c’est tolérance zéro ! Si nous avons le moindre soupçon qu’on exerce des pressions sur nos membres pour qu’ils changent d’organisation syndicale en leur faisant miroiter que c’est une condition pour travailler à la Romaine, nous allons porter plainte aussitôt », a averti Alain Mailhot.
« Tous les travailleurs de la construction de la région, autochtones et non autochtones, ont le droit de travailler à la Romaine, et ce, sans égard à leur étiquette syndicale. Nous allons défendre les droits de nos membres et voir à ce qu’ils participent eux aussi à ce projet hydroélectrique », a ajouté le président de la CSN–Construction
Hydro-Québec interpellée
« Le directeur des projets de centrale pour Hydro-Québec, Paul Desroches, nous a assuré que la Société d’État fera preuve de vigilance lors de l’octroi des contrats pour ce projet afin que tous les travailleurs de la région puissent travailler à la Romaine. Hydro-Québec informera aussi les entrepreneurs et les sous-traitants qu’ils sont eux aussi assujettis à la loi 135. En cas d’intimidation et de discrimination, ils peuvent également être poursuivis », a ajouté Alain Mailhot.
Le conseiller syndical de la CSN–Construction de la région, Gilles Dionne, a bien accueilli la position de la société d’État. Il avait en mémoire les pratiques de représentants de la FTQ–Construction au chantier de l’aluminerie Alouette à Sept-Îles, phase 2, mise en service en 2005. Il a réussi, au terme de bien des efforts (représentations et plaintes), à trouver de l’emploi sur ce chantier pour les membres qu’il représente. C’est que ceux-ci avaient également été confrontés à des pratiques d’intimidation de la part des représentants de la FTQ–Construction, a-t-il déploré.
« C’est bien, qu’on s’assure d’avance que des pratiques condamnables ne se reproduisent plus », a commenté Gilles Dionne.
L’appel aux députés
« Nous avons demandé aux députés de notre grande région de s’assurer eux aussi auprès du gouvernement et d’Hydro-Québec que l’embauche se fasse dans le respect de ce qui est prévu par la loi 135, qu’il n’y ait aucune discrimination à l’embauche. Ils sont les députés de tout le monde, après tout », a lancé Lise Robichaud. « Le projet de la Romaine doit profiter à toute la région », a réitéré la présidente du conseil central.
Un texte clair
Le texte de la loi 135 est clair : « Nul ne doit intimider une personne ou exercer à son égard des mesures discriminatoires, de représailles ou toute menace ou contrainte ayant pour but ou pour effet de porter atteinte à sa liberté syndicale, de la pénaliser en raison de son choix ou de son adhésion syndicale, de la contraindre à devenir membre, à s'abstenir de devenir membre d'une association ou du bureau d'une association, de la pénaliser pour avoir exercé un droit lui résultant de la présente loi ou de l'inciter à renoncer à l'exercice d'un tel droit. »
Le Conseil central de la Côte-Nord (CSN) regroupe 50 syndicats représentant 5500 travailleuses et travailleurs de tous les secteurs d’activité, dont 531 dans l’industrie de la construction.
Présente dans toutes les régions du Québec, la CSN–Construction compte quelque 18 000 travailleuses et travailleurs de l’industrie de la construction.
La CSN regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs, et ce, tant dans les secteurs privé que public.
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Renseignements : Lise Robichaud, présidente du Conseil central de la Côte-Nord (CSN), 418 589-2069 ; Alain Mailhot, président de la CSN–Construction, 418-801-7941,Gilles Dionne, conseiller syndical de la CSN–Construction, 418 549-6385.