18 décembre 2008
« Tout indique que la construction continuera sur sa lancée en 2009 et égalera sa performance de 2008 », a déclaré M. André Ménard, président-directeur général de la Commission de la construction du Québec (CCQ), lors de la septième conférence annuelle portant sur les perspectives économiques de l'industrie de la construction, qui avait lieu ce matin, au Centre Mont-Royal. « Nous nous attendons à ce qu'un volume de 132 millions d'heures travaillées soit réalisé cette année : il s'agit d'un sommet inégalé au cours des 30 dernières années », a-t-il ajouté.
« La construction constituera un fer de lance pour soutenir l'économie du Québec en cette période de turbulence, principalement en raison des investissements publics qui représentent près de 70 % des investissements non résidentiels en construction », a indiqué M. Ménard.
Des investissements colossaux pour les infrastructures
En effet, ce sont les investissements publics qui soutiendront les chantiers en 2009. À lui seul, le Plan québécois des infrastructures permettra l'investissement de 30 milliards de dollars entre 2007 et 2012, dans le réseau routier, le transport en commun, les infrastructures municipales, la santé et l'éducation. « Soulignons que cet investissement s'ajoute aux 7 milliards de dollars déjà engagés auparavant dans infrastructures publiques et qu'il pourrait être bonifié d'un 4 milliards additionnels, pour ainsi totaliser 41 milliards de dollars », de préciser M. Ménard.
Parallèlement au Plan québécois des infrastructures, Hydro-Québec augmentera ses investissements puisque le chantier du complexe La Romaine s'ajoutera à celui de l'Eastmain-1A-Rupert-La Sarcelle. D'après les économistes de la CCQ, le nombre d'heures travaillées dans le secteur du génie civil et de la voirie devrait atteindre, en 2009, 29 millions d'heures. Il s'agit d'une augmentation de 12 % comparativement à 2008. C'est le secteur de la construction qui connaîtra la meilleure performance.
Le bâtiment institutionnel devrait aussi profiter d'une croissance grâce aux investissements publics qui seront faits dans les écoles et les hôpitaux. Une croissance de 10 % est anticipée dans ce secteur, ce qui permettra de compenser en bonne partie les baisses possibles dans le bâtiment commercial. Au total, le grand secteur institutionnel et commercial devrait représenter 65 millions d'heures en 2009.
« Investir dans les infrastructures publiques et la rénovation du capital immobilier est une stratégie gagnante, à court et à long terme, permettant de créer des emplois et faire croître l'économie. L'industrie de la construction ne peut que se réjouir de toute proposition qui vise à augmenter ou à accélérer ces investissements », a ajouté M. Ménard.
La stabilité pour le bâtiment industriel
Le bâtiment industriel, qui est éprouvé depuis quelques années par la vigueur du dollar canadien et par la vivacité de la concurrence étrangère, conservera, en 2009, son niveau actuel avec 12 millions d'heures travaillées. Il devrait en être ainsi jusqu'à ce que les effets de la crise financière internationale se dissipent. Quelques projets majeurs démarreront dans l'industrie de l'aluminium. Pour sa part, le secteur des mines demeurera encore dynamique. On observe un potentiel de hausse pour les années à venir. Enfin, le secteur pétrolier pourrait voir certains projets reportés.
Une construction résidentielle qui surpasse les attentes
Loin de connaître une crise comme celle qui sévit aux États-Unis, la construction résidentielle québécoise a surpassé les attentes en 2008. Bien que le nombre de logements mis en chantier a diminué légèrement, le volume de travail affiche une bonne croissance comparativement à 2007.
Pour 2009, la CCQ anticipe un léger ralentissement, ce qui ramènera les mises en chantier à 42 000 unités de logements, un niveau qui concorde avec les nouvelles tendances démographiques (celles-ci s'appuient sur une croissance de la natalité et de l'immigration). Le volume de travail du secteur résidentiel devrait baisser de 7 % en 2009, pour atteindre 26 millions d'heures, ce qui constitue tout de même un fort volume de travail. Rappelons qu'en 1997, on rapportait 10 millions d'heures dans ce secteur.
Selon les prévisions de la CCQ, la légère diminution des investissements dans le secteur résidentiel et dans le bâtiment commercial sera compensée, en 2009, par les investissements publics.
L'activité par région, en 2009
Sur le plan régional, une hausse du volume de travail est prévue en 2009 dans les régions de Québec (+5 %) et de la Côte-Nord (+10 %). Les régions du Bas-Saint-Laurent-Gaspésie, de l'Estrie, de Montréal et de la Baie-James connaîtront une stabilité de l'activité. Même si d'importants projets industriels se préparent, une baisse temporaire est attendue en 2009 au Saguenay-Lac-Saint-Jean (-5 %) et en Mauricie-Bois-Francs (-5 %), en raison de la fin d'importants chantiers. L'Abitibi-Témiscamingue (-10 %) et l'Outaouais (-5 %) subiront aussi une diminution de l'activité.
Besoin de près de 14 000 nouveaux travailleurs annuellement d'ici 2012
En 2009, le volume de travail augmentera sensiblement pour les métiers d'opérateur d'équipement lourd ou de pelles mécaniques, de mécanicien de machines lourdes ainsi que pour les occupations de manœuvre, boutefeu, foreur, monteur de lignes et arpenteur.
En 2009, la construction devrait occuper plus de 140 000 travailleurs et offrira encore d'excellentes perspectives d'emploi aux diplômés des centres de formation professionnelle. En effet, la CCQ estime que l'industrie aura besoin en moyenne annuellement de 14 000 nouveaux travailleurs d'ici 2012 afin de réaliser les travaux prévus. En 2008, l'industrie a attiré et intégré 14 000 nouveaux travailleurs pour répondre aux besoins en main-d'œuvre des entrepreneurs.
La construction continue d'attirer de nombreux jeunes dans la plupart des métiers. Ils sont attirés par les bonnes conditions de travail et leurs réalisations qu'ils peuvent apprécier concrètement chaque jour. Parmi les 14 000 nouveaux travailleurs admis dans l'industrie en 2008, 5 800 d'entre eux étaient diplômés d'un centre de formation professionnelle offrant un ou des programmes reliés à la construction. La CCQ souhaite voir leur nombre majoré à 7 000, d'ici 2012.
De concert avec ses partenaires patronaux et syndicaux de même qu'avec ceux du milieu de l'éducation, la CCQ poursuivra ses campagnes promotionnelles en élaborant des approches qui cibleront davantage les femmes, les immigrants et les représentants des communautés culturelles.
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